Sagoræ · Le blog

Le plan de roman de A à Z : un vrai exemple rempli, chapitre par chapitre

Publié le 25 septembre 2026 · 14 min de lecture · Structure narrative

Le plan de roman de A à Z : un vrai exemple rempli, chapitre par chapitre

Un plan de roman, c'est la liste de tes chapitres avec, pour chacun, trois choses : ce qui se passe, ce que le lecteur apprend, et la question qui le pousse à tourner la page. Pas plus. Un plan qui contient plus que ça (les descriptions, les dialogues, l'ambiance) est déjà un brouillon ; un plan qui contient moins (« chapitre 7 : ils se disputent ») ne te servira à rien le jour où tu bloques. Les guides en ligne expliquent la théorie du plan sans jamais en montrer un complet. Celui-ci en montre un, du premier au vingt-quatrième chapitre, pour un roman inventé de 80 000 mots, avec les budgets de mots par acte, les notes que Dédale a laissées sur les trous, et la correspondance avec les structures en trois actes, en cinq actes et Save the Cat.

À quoi sert un plan de roman (et à quoi il ne sert pas)

Un plan sert à répondre à une seule question, celle que tu te poseras au chapitre 11 un soir de fatigue : « et maintenant, qu'est-ce qui se passe ? ». Si le plan répond, tu écris. S'il ne répond pas, tu ouvres un onglet et tu ne reviens pas.

Il ne sert pas à figer le roman. Le plan que tu vas lire a été modifié quatre fois pendant l'écriture ; le chapitre 15 n'existait pas dans la première version. Un plan est une carte de ce que tu crois savoir, à mettre à jour dès que le texte t'apprend quelque chose. C'est l'objection classique des jardiniers, et elle est légitime : la réponse est dans architecte ou jardinier : faut-il un plan pour écrire un roman ?. Ici, on part du principe que tu en veux un.

Le roman de l'exemple

Pour montrer un vrai plan, il faut un vrai roman, alors en voici un, inventé pour l'occasion.

Titre de travail : « Les Marées de Saint-Aulne ». Genre : roman contemporain à secret de famille, 80 000 mots visés. Pitch en une phrase : Léa Vasseur, restauratrice de vitraux à Lyon, revient sur l'île bretonne de son enfance pour régler la succession de son père, gardien du phare, et découvre qu'il a vendu en secret la parcelle qui protégeait la maison de la mer. Question dramatique : Léa va-t-elle sauver la maison, ou comprendre pourquoi son père a choisi de la laisser partir ?

Les personnages, tels qu'ils apparaissent dans les fiches :

Trois fils traversent le roman : le fil principal (la maison et la vente), le fil secondaire (Léa et Corentin), le fil intime (Léa et l'île, avec Naïs au centre). On les retrouve dans chaque chapitre du plan ; c'est ce que permet de vérifier la grille d'intrigue, qui se lit comme un tableau de ce plan.

Combien de mots par acte ?

Avant de remplir les chapitres, on fixe le budget. Pour 80 000 mots en trois actes, la répartition la plus courante donne environ un quart au premier acte, la moitié au deuxième, un quart au troisième. Ce n'est pas une loi, c'est un point de départ qui évite de découvrir au chapitre 18 qu'il reste 40 000 mots pour tout résoudre.

ActeChapitresBudget de motsPartCe que l'acte doit accomplir
Acte 11 à 620 00025 %Léa arrive, découvre la vente, décide de se battre
Acte 2a7 à 1220 00025 %Léa enquête, s'allie, marque des points
Acte 2b13 à 1820 00025 %Le point médian retourne tout, Léa perd ses appuis
Acte 319 à 2420 00025 %Léa choisit, la maison et le frère se règlent

Vingt-quatre chapitres de 3 300 mots en moyenne, donc, avec de vraies variations : le chapitre 12 fait 1 800 mots, le chapitre 21 en fait 5 000. La longueur d'un chapitre découle de ce qu'il doit faire.

Le plan rempli, chapitre par chapitre

Chaque entrée suit le même gabarit : ce qui se passe, ce que le lecteur apprend, la question de fin de chapitre. Le point de vue est celui de Léa partout, sauf indication contraire.

Acte 1 : l'arrivée (chapitres 1 à 6)

Chapitre 1. La navette (3 000 mots). Léa traverse vers Saint-Aulne sur le bateau de Naïs, qui ne lui dit presque rien. La maison du phare est fermée, Corentin n'est pas venu la chercher. Le lecteur apprend : le père est mort il y a onze jours, Léa n'était pas venue depuis six ans. Fin de chapitre : sur la porte, un avis de passage du cabinet Kermabon.

Chapitre 2. L'inventaire (3 400 mots). Léa ouvre la maison, trouve les carnets du père, retrouve Corentin au bar du port. Dispute contenue. Le lecteur apprend : Corentin veut vendre, vite ; Léa veut « faire les choses proprement ». Fin de chapitre : Corentin lâche que « de toute façon, la parcelle est déjà partie ».

Chapitre 3. Le cadastre (3 200 mots). Léa va à la mairie. La parcelle nord, celle qui sépare la maison de la falaise, a été vendue à Kermabon il y a deux ans. Le lecteur apprend : le père a signé, seul, sans en parler à ses enfants. Fin de chapitre : Léa décide de rester au-delà des quinze jours prévus.

Chapitre 4. Kermabon (3 300 mots). Rencontre avec le promoteur, sur le terrain même. Il n'est pas hostile ; il montre l'érosion, il parle chiffres. Le lecteur apprend : l'hôtel prévu inclut un mur de protection qui sauverait aussi la maison. Fin de chapitre : Kermabon propose de racheter la maison à un prix honnête. Léa refuse sans réfléchir.

Chapitre 5. Les carnets (3 500 mots). Léa lit les carnets d'Yvon la nuit. Une écriture qui change, des relevés de marée, une phrase barrée. Le lecteur apprend : le père savait pour l'érosion depuis longtemps, et il en avait parlé à quelqu'un : « N. ». Fin de chapitre : Léa comprend que Naïs sait.

Chapitre 6. Le choix (3 600 mots). Léa confronte Naïs sur la navette, à l'aller et au retour. Naïs refuse de parler « tant que tu ne resteras pas ». Corentin apprend que Léa a refusé l'offre de Kermabon et claque la porte. Le lecteur apprend : Léa ne peut plus repartir sans avoir compris. Fin de l'acte 1 : Léa dépose un recours contre le permis de construire. Elle a choisi le combat.

Acte 2a : l'enquête (chapitres 7 à 12)

Chapitre 7. L'atelier (3 200 mots). Léa installe un atelier de fortune pour restaurer le vitrail de la chapelle de l'île, à la demande du maire, et pour avoir une raison de rester. Le lecteur apprend : Léa est très bonne dans son métier, et l'île le voit. Fin de chapitre : le maire lui glisse que Kermabon « n'est pas le problème ».

Chapitre 8. Corentin (3 000 mots, point de vue de Corentin). Le frère, vu de l'intérieur : sa dette, son bateau à moitié payé, son envie de partir. Le lecteur apprend : Corentin avait promis au père de ne rien dire à Léa. Fin de chapitre : il envoie un message à Kermabon : « Elle va céder. »

Chapitre 9. Les archives (3 400 mots). Léa retrouve dans les archives municipales un rapport d'érosion vieux de quinze ans, commandé par son père. Le lecteur apprend : la maison était condamnée dès cette époque ; la vente n'était pas une trahison, c'était une négociation. Fin de chapitre : le nom de Naïs figure sur le rapport comme témoin.

Chapitre 10. La tempête (3 800 mots). Une tempête de printemps coupe l'île. Léa et Naïs bloquées ensemble à la capitainerie. Naïs raconte enfin la moitié de l'histoire : le père avait négocié avec Kermabon que le mur soit construit avant l'hôtel. Le lecteur apprend : Kermabon a un engagement écrit, que personne n'a vu. Fin de chapitre : Léa demande à Naïs pourquoi elle est restée sur l'île. Naïs ne répond pas.

Chapitre 11. Le document (3 100 mots). Léa demande le document à Kermabon. Il le montre : l'engagement existe, mais il est conditionné à la vente de la maison. Le lecteur apprend : le père avait accepté de vendre la maison aussi. Il est mort avant de signer. Fin de chapitre : Léa retire son recours.

Chapitre 12. Le répit (1 800 mots). Chapitre court. Léa finit le vitrail. Corentin vient l'aider sans qu'on le lui demande. Une soirée sans conflit. Le lecteur apprend : les deux fils, la maison et le frère, semblent se résoudre. Fin de chapitre : une lettre recommandée arrive de Lyon. Le fil principal est calme ; c'est le fil intime qui va casser.

Acte 2b : le retournement (chapitres 13 à 18)

Chapitre 13. Lyon (3 200 mots). La lettre : l'atelier de Léa à Lyon la met en demeure de rentrer ou de céder ses parts. Elle a une semaine. Le lecteur apprend : la vie que Léa voulait retrouver ne l'attend pas. Fin de chapitre : Léa signe l'accord de vente avec Kermabon. Point médian : elle croit avoir résolu l'histoire. Elle vient de la perdre.

Chapitre 14. La signature (3 400 mots, point de vue de Corentin). Corentin découvre que Léa a signé sans lui, alors que la maison est à eux deux. Le lecteur apprend : Léa a refait exactement ce que le père avait fait, décider seule. Fin de chapitre : Corentin refuse de signer à son tour. La vente est bloquée par celui qui la voulait.

Chapitre 15. Naïs (3 300 mots). Léa va chercher du soutien chez Naïs. Naïs lui dit le reste : elle est restée sur l'île à cause d'Yvon, qui l'avait aidée à racheter la navette, et parce qu'elle avait attendu que Léa revienne, longtemps. Le lecteur apprend : le fil intime a une dette, lui aussi. Fin de chapitre : Naïs lui demande de ne pas repartir. Léa ne répond pas.

Chapitre 16. L'érosion (3 600 mots). Une deuxième tempête. Un pan de la parcelle nord s'effondre. Kermabon suspend le projet : le mur coûterait trop cher. Le lecteur apprend : sans hôtel, pas de mur ; sans mur, pas de maison. Fin de chapitre : la maison ne sera sauvée par personne.

Chapitre 17. Le fond (2 800 mots). Léa seule dans la maison vide. Elle relit le dernier carnet. La phrase barrée du chapitre 5, lue à la lumière rasante : « Laisse-la partir. » Le lecteur apprend : le père ne parlait pas de la maison. Fin de chapitre : Léa appelle Lyon et cède ses parts.

Chapitre 18. Le port (3 700 mots). Léa propose à Corentin un autre accord : vendre la maison à Kermabon, mais à condition qu'il reprenne le mur, financé en partie par la vente et par le rachat des parts de Léa. Corentin accepte, à une condition : que Léa reste pour le chantier. Le lecteur apprend : le frère ne voulait pas partir ; il voulait qu'elle reste. Fin de l'acte 2 : Kermabon dit non.

Acte 3 : le choix (chapitres 19 à 24)

Chapitre 19. Le conseil (3 200 mots). Léa porte le dossier au conseil municipal : le mur peut être un ouvrage public si l'île le décide. Le lecteur apprend : l'île a peur de Kermabon depuis vingt ans, et personne ne l'a jamais contredit. Fin de chapitre : le vote est reporté.

Chapitre 20. La chapelle (3 000 mots, point de vue de Naïs). Le vitrail restauré est posé. L'île entière est là. Naïs regarde Léa et comprend qu'elle a déjà décidé. Le lecteur apprend : ce que l'île voit de Léa n'est plus « la fille du phare ». Fin de chapitre : Kermabon vient parler à Naïs, pas à Léa.

Chapitre 21. Kermabon, encore (5 000 mots). Le plus long chapitre. Kermabon raconte sa version : Yvon lui avait demandé de faire durer les négociations pour que Léa soit obligée de revenir. Le mur, l'hôtel, la vente : le père a tout accepté pour que sa fille rentre au moins une fois. Le lecteur apprend : le secret de famille n'était pas la vente, c'était l'attente. Fin de chapitre : Kermabon accepte le mur public, à condition que Léa porte le projet.

Chapitre 22. Le vote (3 300 mots). Le conseil vote le mur. Corentin prend la parole pour la première fois en public. Le lecteur apprend : Corentin restera sur l'île de son plein gré, plus par obligation. Fin de chapitre : la maison est sauvée ; Léa n'a toujours pas dit si elle restait.

Chapitre 23. La navette, retour (2 500 mots). Léa sur le bateau de Naïs, dans l'autre sens. Sa valise est à bord. Le lecteur apprend, par ce qu'elle regarde et ne regarde pas, qu'elle part pour de bon. Fin de chapitre : Naïs coupe le moteur au milieu de la traversée.

Chapitre 24. La parcelle (3 000 mots). Six mois plus tard. Le mur est en construction. Léa descend de la navette avec deux caisses de verre. Le lecteur apprend : elle a ouvert un atelier sur l'île, sans vendre celui de Lyon, qu'elle a confié à son associée. Fin : elle traverse la parcelle nord, qui est maintenant un chemin public, et entre dans la maison sans frapper.

Ce que Dédale a signalé sur ce plan

Dans l'atelier Sagoræ, Dédale est le coach de structure. Il lit le plan, pas le texte, et il ne le réécrit pas : il pose des questions là où le plan ne répond plus. Voici les quatre notes qu'il a laissées sur la version 2 de ce plan, avant les corrections que tu viens de lire.

Note 1, chapitres 9 à 12 : Corentin disparaît. « Corentin est absent des chapitres 9, 10 et 11. Son dernier acte (chapitre 8) est un message à Kermabon : "Elle va céder." Le lecteur attend une conséquence. Où est-elle ? » La réponse a été d'ajouter Corentin au chapitre 12, venu aider sans qu'on le lui demande, et de faire de son refus au chapitre 14 la conséquence directe.

Note 2, chapitre 13 : le point médian arrive sans pression. « Léa signe parce qu'une lettre arrive. La lettre est un hasard extérieur. Qu'est-ce que Léa a fait, elle, pour se retrouver là ? » La version corrigée fait de la lettre une conséquence : Léa a ignoré trois appels de son associée depuis le chapitre 7. Trois lignes ajoutées aux chapitres 7, 9 et 11.

Note 3, chapitre 17 : l'indice n'a pas été planté. « La phrase barrée relue au chapitre 17 doit exister au chapitre 5. Dans la version actuelle, le chapitre 5 parle de "relevés de marée" seulement. » C'est ce qui a fait entrer la phrase barrée dès le chapitre 5.

Note 4, chapitres 19 à 22 : le troisième acte résout le fil principal deux fois. « Le mur est accepté au chapitre 21 par Kermabon, puis voté au chapitre 22. Lequel des deux est le vrai dénouement ? » La réponse a été de rendre l'accord de Kermabon conditionnel (Léa doit porter le projet), pour que le vote garde un enjeu.

Aucune de ces notes n'écrit le roman. Chacune désigne un endroit précis où le plan ne tenait pas.

D Dédale · Architecte du récit Démo pré-enregistrée

Dédale met le plan de « Ce que la mer rend » à l'épreuve

Toi

Voici mon plan en trois actes. Je bloque au milieu, j'ai l'impression que rien ne se passe entre les chapitres 9 et 16.

Acte I (ch. 1-8) : Maud reprend la conserverie de son père. Acte II (ch. 9-22) : elle découvre les dettes, cherche un repreneur, rencontre Jonas. Acte III (ch. 23-28) : la conserverie brûle, Maud décide de rester.

Dédale

Ton impression est juste, et le plan dit pourquoi. Entre le chapitre 9 et le chapitre 22, Maud cherche. Chercher n'est pas un événement : c'est un état. Rien ne l'empêche de chercher pendant treize chapitres.

Je te pose trois questions, pas de réponse à ma place :

  • Où est le point médian ? Quelque chose doit rendre le retour en arrière impossible vers le chapitre 14. Un repreneur qui signe, puis se rétracte ? Une découverte sur le père ?
  • Que veut Jonas ? Il apparaît à l'acte II sans objectif propre. Un personnage qui ne veut rien ne crée pas de conflit, il crée une pause.
  • Pourquoi la conserverie brûle-t-elle ? Si c'est un accident, le climax arrive de l'extérieur. Si c'est la conséquence d'un choix de Maud à l'acte II, tout le milieu se tend d'un coup.

Toi

Et si Jonas était le repreneur, et qu'il voulait raser la conserverie pour construire des logements ?

Dédale

Alors ton acte II vient de trouver sa colonne vertébrale : Maud a besoin de l'argent de l'homme qui veut détruire ce qu'elle essaie de sauver. Ton point médian s'écrit presque seul (elle signe, ou elle refuse de signer), et l'incendie du chapitre 23 change de nature selon qui tient l'allumette.

Je ne mets rien à jour : c'est ton plan. Ajoute la ligne « Jonas = repreneur » dans les chapitres 9 à 16 et regarde ce que chaque chapitre doit maintenant contenir.

Simulation pré-enregistrée. Dédale ne rédige jamais : il questionne la charpente du roman et laisse l'auteur décider.

Le même plan en trois actes, cinq actes ou Save the Cat

Un plan de chapitres ne dépend pas du modèle de structure que tu utilises. Les modèles sont des façons de vérifier que les temps forts tombent au bon endroit. Voici où tombent ceux des « Marées de Saint-Aulne » selon trois lectures.

Temps fortChapitreTrois actesCinq actesSave the Cat
Léa arrive sur l'île1ExpositionExpositionImage d'ouverture
La parcelle est vendue3Incident déclencheurComplicationCatalyseur
Léa dépose le recours6Fin de l'acte 1Fin de l'expositionPassage à l'acte 2
La tempête, Naïs parle10MontéeMontée de l'actionJeux et divertissements
Léa signe avec Kermabon13Point médianClimax (pivot)Point médian (fausse victoire)
La parcelle s'effondre16ComplicationsChute de l'actionLes méchants se rapprochent
Léa cède ses parts17Nuit noireChuteTout est perdu
Kermabon raconte21ClimaxDénouement (révélation)Finale, acte 3
Léa revient avec ses caisses24RésolutionRésolutionImage finale

La lecture en trois actes est celle qu'on a suivie pour le budget de mots. La lecture en cinq actes déplace le sommet au milieu et lit toute la seconde moitié comme une chute : elle convient mieux aux romans où le retournement central est le vrai sujet, ce qui est le cas ici. La différence entre les deux, et comment choisir, est détaillée dans trois actes ou cinq actes. La lecture Save the Cat ajoute des temps intermédiaires (le « débat » avant l'acte 2, les « jeux et divertissements ») et impose des positions en pourcentage ; elle est décrite temps par temps, avec les budgets de mots, dans Save the Cat pour un roman.

Les trois modèles tombent d'accord sur les chapitres 3, 6, 13, 17 et 24. Si ton plan tient ces cinq points, le reste est de l'ajustement.

Comment remplir le gabarit pour ton roman

Le gabarit est celui que tu viens de voir. Pour le remplir, procède dans cet ordre, qui n'est pas l'ordre du roman.

  1. Écris la question dramatique en une phrase. Si elle ne tient pas en une phrase, tu as deux romans, ou pas encore de roman.
  2. Pose les cinq points d'accord : l'incident déclencheur, la fin de l'acte 1, le point médian, le fond, le dénouement. Donne-leur un numéro de chapitre approximatif à partir du budget de mots.
  3. Remplis les fins de chapitre avant le contenu. Une fin de chapitre est une question ou une porte qui claque. Si tu sais comment chaque chapitre finit, tu sais ce qu'il doit contenir.
  4. Ajoute les fils secondaires en vérifiant qu'aucun ne disparaît plus de trois chapitres de suite.
  5. Relis le plan en ne lisant que la colonne « le lecteur apprend ». Elle doit progresser à chaque ligne. Si deux chapitres consécutifs n'apprennent rien de nouveau, il en manque un ou il y en a un de trop.

Dans l'atelier, ce gabarit existe sous forme de fiches de chapitre reliées au plan : tu remplis les trois champs, tu déplaces les chapitres, tu affectes un budget de mots, et les statistiques comparent ensuite ce que tu as écrit à ce que tu avais prévu. Le plan est exportable, comme le reste du roman. Et si tu débutes, le plan n'est qu'une étape parmi d'autres : elles sont toutes dans comment écrire un roman.

Questions fréquentes

Comment faire le plan d'un roman ? Liste tes chapitres et, pour chacun, note ce qui se passe, ce que le lecteur apprend, et la question qui termine le chapitre. Fixe d'abord les cinq temps forts (déclencheur, fin d'acte 1, point médian, fond, dénouement), puis remplis les chapitres entre eux.

Combien de chapitres dans un plan de roman ? Pour 80 000 mots, entre 20 et 30 chapitres est courant, mais le nombre découle de la longueur moyenne que tu vises. L'exemple de cet article en compte 24, de 1 800 à 5 000 mots.

Faut-il suivre le plan à la lettre ? Non. Le plan est une carte que tu mets à jour quand le texte t'apprend quelque chose. L'exemple ci-dessus a été modifié quatre fois en cours d'écriture, dont un chapitre ajouté.

Un plan détaillé tue-t-il la spontanéité ? Un plan qui contient les dialogues et les descriptions, oui. Un plan qui contient seulement ce qui se passe, ce qu'on apprend et la question de fin laisse toute la place à l'écriture de la scène.

Quelle structure choisir, trois actes, cinq actes ou Save the Cat ? Les trois tombent d'accord sur les mêmes cinq points. Choisis celle dont le vocabulaire t'aide à voir ton roman ; le plan de chapitres reste le même.

Si tu veux remplir ce gabarit pour ton propre roman et le faire relire par Dédale, Sagoræ t'offre un essai gratuit, sans carte.

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