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Trois idées de roman, un seul temps d'écriture : comment choisir son projet

Publié le 25 septembre 2026 · 4 min de lecture · Discipline d'écriture

Trois idées de roman, un seul temps d'écriture : comment choisir son projet

Pour choisir son projet d'écriture entre plusieurs idées, note chacune sur six critères (désir, faisabilité, connaissance du genre, lectorat, énergie prévue à 30 000 mots, sortie possible), retiens la mieux notée comme projet actif, garde la deuxième en jachère et abandonne la troisième sans regret. La question « lequel écrire ? » n'a pas de réponse générale ; elle a une grille. La voici, appliquée à trois idées inventées, avec la règle qui va avec.

La grille de six critères

Chaque critère est noté de 0 à 3. Les trois idées de l'exemple appartiennent à une autrice fictive qui dispose de quatre heures par semaine.

Critère« Le Phare de Sein » (roman historique, 1890)« Nuit blanche à Lyon » (polar contemporain)« Les Jardins suspendus » (fantasy, trilogie)
Désir : j'y pense sans le vouloir323
Faisabilité : je peux l'écrire avec mon temps et mes moyens1 (recherches lourdes)31 (trois tomes)
Connaissance du genre : j'en ai lu beaucoup231
Lectorat : je sais à qui il s'adresse232
Énergie à 30 000 mots : j'aurai encore envie au milieu221
Sortie possible : je vois comment il sera lu231
Total12169

Le polar gagne, et ce n'est pas l'idée qu'elle préférait. C'est le point de la grille : le désir compte pour un sixième, pas pour tout.

Ce que mesure chaque critère

Le désir est le seul critère qu'on note trop haut. Pose la question autrement : est-ce que j'y pense sous la douche, ou est-ce que j'aime l'idée d'y penser ? Une idée qui revient seule vaut 3. Une idée qu'on trouve brillante quand on la raconte vaut 1.

La faisabilité croise le temps disponible et ce que le projet exige. Un roman historique demande des recherches ; une trilogie demande trois fois la durée d'un roman. À quatre heures par semaine, ces deux projets se comptent en années, ce qui n'est pas rédhibitoire, mais doit être su. Si tu hésites déjà sur le format, la question du volume est traitée dans nouvelle ou roman : par quoi commencer.

La connaissance du genre est souvent sous-estimée. Écrire dans un genre qu'on a peu lu, c'est réinventer des codes que le lecteur connaît déjà, et le décevoir sans le savoir.

Le lectorat n'est pas une question de marketing, c'est une question d'adresse : à qui écris-tu cette scène ? Si la réponse est « à tout le monde », la note est 1.

L'énergie à 30 000 mots est le critère prédictif. Toutes les idées sont excitantes au chapitre 1. La question est : quand le milieu arrivera, avec ses chapitres sans éclat, est-ce que ce projet aura assez de réserve ? Une idée dont tu connais déjà le milieu (pas seulement le début et la fin) vaut 3. Le milieu est l'endroit où les romans s'arrêtent, comme le détaille terminer son roman : à quel chapitre on abandonne.

La sortie possible demande d'imaginer le livre fini : envoyé à des éditeurs, publié en ligne, offert à dix lecteurs. Si aucune image ne vient, le projet manque d'une fin dans le monde réel, et cela se paie au dernier chapitre.

La règle : un actif, un en jachère, jamais trois

La grille donne un ordre. La règle dit quoi faire de cet ordre.

Le premier devient le projet actif : le seul fichier ouvert, le seul objectif de mots, la seule courbe. Le deuxième est en jachère : un document de notes, une fiche, où tu déposes ce qui te vient sans jamais écrire de chapitre. Le troisième est fermé. Pas archivé « pour plus tard », fermé : si l'idée est bonne, elle reviendra frapper, et tu la renoteras à ce moment-là.

Pourquoi jamais trois ? Parce que trois projets partagent quatre heures par semaine, ce qui donne à chacun un rythme trop lent pour traverser le milieu. Deux romans à moitié écrits font zéro roman. La jachère existe pour que la deuxième idée ne meure pas, sans voler de sessions à la première.

Sagoræ pousse dans ce sens avec une contrainte assumée : le plan Découverte accueille un seul roman. Ce n'est pas un manque, c'est la règle ci-dessus rendue matérielle : un projet actif, un hub, une courbe. Le projet en jachère tient dans un carnet.

Quand refaire le score

Trois occasions. Quand le projet actif est fini, évidemment. Quand il est arrêté depuis plus de trois mois, auquel cas la question n'est pas « lequel choisir » mais « faut-il le reprendre », et la méthode est dans reprendre un roman abandonné. Et quand aucune des trois idées ne dépasse 10 sur 18 : dans ce cas, le problème n'est pas le choix, c'est le stock, et il vaut mieux repartir de trouver une idée de roman que de forcer une idée moyenne.

Questions fréquentes

Faut-il choisir l'idée qu'on préfère ? Pas forcément. Le désir compte pour un critère sur six ; une idée moins aimée mais faisable, dans un genre qu'on connaît, a plus de chances d'être finie.

Peut-on écrire deux romans en même temps ? Un actif et un en jachère, oui. Deux actifs partagent le même temps et s'arrêtent souvent tous les deux au milieu.

Que faire de l'idée qu'on abandonne ? La fermer sans note ni dossier. Si elle est bonne, elle reviendra d'elle-même, et tu la renoteras avec la grille à ce moment-là.

Si tu veux un seul hub pour ton projet actif, avec son plan, ses fiches et sa courbe, Sagoræ t'offre un essai gratuit, sans carte.

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